
La lettre hébraïque shin dans la police de caractères Ezra © SIL International, 2003
Le noir et le blanc et les dégradés de gris qui les séparent se marient bien avec les couleurs. L’utilisation du noir et du blanc pour le corps de texte conférera à la mise en page un sentiment d’équilibre. Par contre, les couleurs pures (notamment rouge et jaune) ne seront combinées avec le noir qu’en de rares cas de force majeure ; en effet, ce type de contrastes est très intense et peu agréable à l’œil (raison pour laquelle on en fait usage dans la signalisation routière).
Les combinaisons de couleurs pures avec du noir sont trop intenses.
Les contrastes clair-obscur, qui font appel à des couleurs pures et leurs contrepoids plus clairs, permettent également de produire un sentiment général d’équilibre. Toutefois, une mise en page n’employant que de tels mariages risque de manquer de dynamisme.
Les contrastes clair-obscur sont équilibrés, mais peuvent manquer de dynamisme.
Même si c’est la règle dans l’imprimé, le texte noir sur fond blanc convient mal à l’utilisation sur écran. En effet, le blanc est produit sur un écran à l’aide des couleurs primaires émises en pleine intensité. Du texte noir sur un tel fond accentue la dureté du graphisme et fatigue les yeux. Sur fond blanc, il est préférable d’employer des variantes de gris (comme c’est le cas sur le présent site). Aussi, il convient d’éviter un trop fort contraste entre un fond de couleur pure et une des lettres noires. En résumé, le concepteur veillera à employer des contrastes ni trop forts (agressivité) ni trop faibles (illisibilité) entre le fond et la couleur typographique.
Un trop faible contraste entre texte et arrière-plan rend la lecture difficile.
La gestion du corps de texte diffère grandement entre l’imprimé et l’écran. Par exemple, le corps du texte d’un journal quotidien est trop petit pour son pendant sur Internet. De plus, la qualité de la typographie sur la Toile est bien plus faible que celle de l’édition, ce qui rend la lecture à l’écran plus sensible que celle sur papier. Le corps 6, lisible sur papier, ne l’est pas à l’écran. Sur Internet, il convient de composer le texte dans un corps de 11 à 14 pixels. Quant à eux, les titres se déclinent de préférence entre 14 et 20 pixels.
Sur Internet, la taille des caractères doit être plus importante que sur papier.
Les variantes légères de polices ne peuvent le plus souvent pas être discernées sur la Toile. Entre l’ultra-maigre (ultra light), le maigre (thin), le léger (light) et le romain (normal), on ne percevra des différences qu’à partir de 40 points. Il en va de même pour les variantes demi-gras (medium), gras (bold), extra-gras (extra bold) et ultra-gras (black). On utilisera donc principalement le romain (normal) et le gras (bold), en veillant à augmenter l’interlettrage pour ce dernier afin d’éviter que les caractères ne s’agglutinent.
Dans les petits corps, les différences de graisse sont peu perceptibles.
Il est conseillé d’utiliser l’italique avec parcimonie, et cela même sur papier. L’italique est par essence peu lisible, et une trop grande portion de texte composé ainsi rebutera plus d’un lecteur.
Sur un écran, le crénelage (ou pixellisation) des italiques les rend quasi illisibles. Il est préférable de les employer pour de grands corps ou lorsque l’usage l’impose (par exemple pour mettre en évidence un mot d’origine étrangère ou pour souligner un propos).
Sur écran, le crénelage de l’italique nuit à la lecture.
Les polices ombrées et détourées sont peu lisibles à l’écran, surtout dans les tailles les plus faibles. Le soulignement, typographiquement discutable, est toutefois très répandu sur Internet, et pour une bonne raison : il sert à mettre en évidence les liens hypertextuels. Il vaut mieux ne jamais employer le soulignement en dehors de la mise en forme des liens, car l’internaute considère — par défaut — qu’un mot souligné représente un lien hypertextuel.
Pour mettre en évidence une portion de texte, le jeu de la couleur des caractères et de l’arrière-plan est bien mieux adapté, pour autant que le contraste entre les mots et le fond sur lequel ils sont posés ne soit pas trop faible ni trop grand. Enfin, le clignotement (blink), très en vogue au début de l’Internet, connaît ses dernières heures. Nous nous en réjouissons (les épileptiques aussi).
Pour mettre en évidence une portion de texte, le contraste est préférable au soulignement, réservé aux liens hypertextuels.
Pour l’imprimé, l’interlignage est le plus souvent équivalent aux 120% d’un cadratin (à 100%, la ligne du haut touche les lettres du bas). Sur la Toile, il est raisonnable d’opter pour un interlignage de 150% (en CSS : 1.5em), voire plus.
L’espacement entre les lettres permet d’éviter les agglutinations et d’aérer le texte, surtout pour les plus petits corps de caractères. Néanmoins, un trop grand interlettrage nuit à la lisibilité, l’œil n’étant dès lors plus capable de différencier les espaces entre les mots et l’écartement des lettres. L’interlettrage et donc une affaire de mesure, l’essentiel étant que les lettres et les mots puissent toujours être distingués clairement.
Un trop fort interlettrage empêche de distinguer aisément les mots.
Bien que les écrans soient disposés pour la plupart en format paysage (l’horizontale plus grande que la verticale), il est préférable de ne pas céder à la tentation d’afficher des lignes trop longues. Sur papier, l’œil se fatigue en moyenne à partir de 55 caractères. Sur Internet, 40 caractères constituent la limite à partir de laquelle il faut adapter le corps et l’interlignage du texte. Notons que les textes dont les lignes comportent moins de 30 caractères seront de préférence des textes courts ; il ne seront pas enfermés dans des colonnes trop étroites, au risque d’augmenter le nombre de césures et de rendre la lecture laborieuse.
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