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Les formats de polices

La lettre cha en devanâgarî

La lettre cha en devanāgarī, police Devanagari MT © Monotype, 1996

Fontes et polices de caractères

Avant toute chose, il convient de préciser la différence entre une police de caractères et une fonte. Une fonte est une famille de polices de caractères représentant les différentes déclinaisons d’un même caractère. La fonte Times New Roman regroupe — notamment — les polices Times New Roman normal, Times New Roman italique, Times New Roman gras et Times New Roman gras italique.

Quatre polices de caractères de la fonte Times New Roman

Quatre polices de caractères de la fonte Times New Roman © Monotype, 1932

Les fontes informatiques coexistent sous plusieurs formats. Elles sont issues d’entreprises ayant à l’origine développé séparément des standards aujourd’hui partagés par bon nombre de machines. Ceux avec lesquels les arts graphiques ont coutume de travailler (ceux aussi qui sont les plus répandus de nos jours) sont le PostScript, le TrueType et l’OpenType.

Pierre Étienne Bézier

Pierre Étienne Bézier, 1910-1999 (source)

PostScript

Le PostScript est avant tout un langage de programmation permettant de décrire une page à l’aide de formulations vectorielles1. Développé depuis 1982 par l’entreprise Adobe, il s’est imposé comme l’une des normes majeures de l’impression. Il existe deux types de polices PostScript : celles de Type 1 et celles de Type 3. La première, qui est seule utilisée professionnellement, utilise des vecteurs décrivant des courbes de Bézier2.

TrueType

Le format TrueType a été développé par Apple à la fin des années 1980, concurrençant directement le PostScript. À l’instar du format d’Adobe, les polices de type TrueType emploient des courbes de Bézier mais n’ont pas recours aux mêmes algorithmes de calcul.

OpenType

OpenType est apparu à la fin des années 1990. Développé conjointement par Adobe et Microsoft, il est censé succéder à TrueType et PostScript. Ses particularités les plus facilement reconnaissables sont les suivantes : il permet de coder jusqu’à 65536 glyphes3 dans une même fonte ; le codage des polices est celui de la norme Unicode ; la compatibilité de l’OpenType est complète avec les systèmes d’exploitation Mac OS et Windows.

1. En géométrie euclidienne, un vecteur est un objet formé de deux points, lesquels définissent à la fois une distance, une direction et un sens.

2. Courbes polynomiales définies, dès 1962, par l’ingénieur français Pierre Bézier afin de concevoir des pièces de voitures automobiles à l’aide d’ordinateurs. Elles sont aujourd’hui utilisées (entre autres usages) pour programmer les glyphes des polices de caractères numériques (ce sont elles qu’emploient les formats PostScript, TrueType et OpenType).

3. En typographie, un glyphe est une représentation graphique d’un caractère ou d’un accent. Les fontes informatiques sont ainsi des répertoires de glyphes définis à l’aide de points et de courbes de Bézier.

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